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mardi 1 septembre 2020

Les maladies professionnelles

Par Maude Modestin


De nos jours, les maladies professionnelles sont de plus en plus présentes. Quel que soit

l’activité professionnelle les risques et les dangers sont présents à différents degrés.

L’hygiène, la sécurité et la santé sont indispensable au sein du bien-être des salariés. Si un

salarié effectue un travail qui lui fait courir un risque pour sa santé, on parle de « maladies

professionnelles ». Elles sont définies par la simple exposition longue ou courte face au

danger et au risque. Les salariés sont y exposés principalement pendant leur temps de

travail.



I. Définition et généralité des maladies professionnelles

a. Définition


Une maladie professionnelle est la conséquence d’une exposition plus ou moins prolongée à

un risque d’une profession. Ce peut être, par exemple, l’inhalation quotidienne de

poussières ou de vapeurs toxiques ou l’exposition répétée à des agents physiques comme le

bruit. Déterminer la cause d’une maladie professionnelle est souvent difficile d’autant plus

que certaines maladies peuvent se manifester des années après le début de l’exposition au

risque.


Selon  l'article L.461-1 du code de la Sécurité Sociale, pour être reconnue comme

professionnelle et donner lieu à une réparation, une maladie doit :

  Soit figurer dans l’un des tableaux de maladies professionnelles,

 Soit être identifiée comme ayant un lien direct avec l’activité professionnelle par le

système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles.


On peut reconnaître une maladie professionnelle grâce :

 A des lésions

 A des symptômes

 Au délais de prise en charge


Parmi les maladies professionnelles les plus courantes, nous retrouvons les troubles

musculosquelettiques et les infections du rachis lombaire qui représentent plus de 80 % des

maladies professionnelles.


b. La déclaration des maladies professionnelles


La déclaration se fait par la victime qui la transmet ensuite à sa caisse primaire d’assurance

maladie sous un délai de 15 jours. Attention, il ne faut pas confondre le délai de déclaration

avec le délai de prise en charge.



Certificat médical initial

La déclaration de maladie professionnelle rédigée par la victime doit être accompagnée d’un

certificat médical. Ce certificat médical descriptif établi par le médecin comporte la nature

de la maladie, les manifestations constatées imputables au risque professionnel et les suites

probables.


Il s’agit d’un certificat en 4 exemplaires dont un doit être remis à l’employeur.



Enquête administrative

La caisse ouvre automatiquement une enquête administrative et médicale dans le cadre

d’une déclaration de maladie professionnelle. L’enquêteur doit recueillir des informations

sur le poste de travail de la victime ainsi que les tâches qu’elle effectue lors d’un entretien

afin de compléter la déclaration. De plus l’enquêteur rencontre l’employeur ainsi que les

salariés afin d’en appendre sur la victimeµ. Dans les cas extrêmes, l’enquêteur peut

s’appuyer sur l’avis du médecin du travail ainsi que celui de la Caisse Régionale d’Assurance

Maladie.


A savoir que L’enquêteur ne prend pas de décision mais transmet toutes les informations

recueillies au cours de l’enquête administrative au gestionnaire de la Caisse de Sécurité

Sociale.



Délai d’instruction

Conformément à l’article R. 441-10 du code de la Sécurité sociale, la caisse possède un délai

de 3 mois à compter de la date à laquelle elle a eu connaissance de la déclaration de maladie

professionnelle pour statuer sur le caractère professionnel de la maladie et rendre sa

décision.



c. La prise en charge


Lorsque la Caisse d’Assurance Maladie reconnait qu’il s’agit d’une maladie professionnelle le

salarié est pris en charge par une branche qui s’appelle l’Assurance maladie dans le secteur

des Accidents de Travail et Maladies professionnelles.

Pour que la maladie soit reconnue, elle doit figurer dans les tableaux de l’INRS. Il y a des

exceptions telles que le salarié considère que sa maladie est une maladie professionnelle

mais qui ne figure pas dans les tableaux. Le salarié est redirigé vers le Comité Régional de

Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) composé d'experts médicaux, 

l'avis s'impose à la caisse d'Assurance Maladie.

Le dossier effectué par la CAM doit comprendre un avis du médecin du travail de l’entreprise

du salarié et le rapport permettant d’apprécier les conditions d’exposition au risque

professionnel.


Notons que les maladies peuvent ainsi être reconnues d'origine professionnelle selon

quelques critères comme :


 Les maladies désignées dans un tableau de maladies professionnelles mais pour

lesquelles une ou plusieurs conditions comme le délai de prise en charge, ou la durée

d'exposition ne sont pas remplies. Ce tableau est établi afin de démontrer qu'elles sont

directement causées par le travail habituel de la victime.


 Les maladies non désignées dans un tableau de maladies professionnelles. Le tableau

stipule qu’elles sont essentiellement et directement causées par le travail habituel de la

victime et qu'elles entraînent une incapacité permanente d'un taux au moins égal à

25 % ou son décès.



II. Les causes des maladies professionnelles

a. De quoi résulte une maladie professionnelle


Comme nous le savons, une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition, plus

ou moins prolongée et répétée, d’un risque existant lors de l’exercice habituel d’une

profession et qu’il difficile d’en fixer le point de départ puisque la cause professionnelle de la

maladie n’est pas toujours évidente.


Bien qu’elle ne soit pas désignée dans les tableaux de maladies professionnelles, celle-ci

peut être reconnue dans le cadre du système complémentaire de reconnaissance des

maladies professionnelles.



b. Dans quelle circonstance est-elle dit grave ?


Établir une relation directe entre la maladie d'un travailleur et son activité professionnelle

peut s'avérer parfois difficile. C'est pourquoi la reconnaissance du caractère professionnel

d'une maladie résulte :


 Soit d'une présomption de l'origine professionnelle lorsque le malade remplit toutes

les conditions de prise en charge inscrites à l'un des tableaux annexés au livre IV du

Code de la Sécurité sociale pour les salariés relevant du régime.


 Soit de la reconnaissance par la Caisse primaire d’assurance maladie ou la caisse de

Mutualité sociale agricole, après avis d’un comité régional spécialement chargé de

ces questions, d'un lien existant entre l'activité professionnelle du travailleur et sa

maladie.


Une maladie professionnelle est déterminée en fonction de la probabilité que le risque

survienne et de sa gravité. Chaque risque doit être analysé et étudié afin de mettre en place

toutes les mesures nécessaires pour aider la victime.


Si la maladie entraîne une priorité 1 ou 2, elle laissera des conséquences. En effet, la victime

peut se retrouver avec un aléa qui lui empêcherait de se rétablir complètement et qui aurait

des conséquences sur son travail actuel, voire dans le pire des cas entraîner la mort.

Cependant, s’il ne s’agit que d’une priorité 3, la victime aura quelques séquelles qui se

rétabliront avec le temps mais qui resteront toutes fois visibles sur le travail de la victime.



III. Conclusion


L’origine d’une maladie professionnelle n’est pas toujours évidente à déterminer surtout si

elle se déclare des années plus tard, mais nous savons qu’elle résulte d’une exposition

longue et répétée d’une activité physique. Sa prise en charge est indéfinie et

particulièrement si elle n’est pas encore reconnue par l’INRS.

La gravité d’une maladie professionnelle peut avoir des conséquences désastreuses comme

la perte d’un membre, une incapacité temporaire ou permanente et dans certains cas, la

mort. C’est justement pour éviter qu’une maladie se déclare que le document unique a été

mis en place et que des campagnes de sensibilisation sont régulièrement faites pour

prévenir les salariés aux risques auxquels ils sont exposés.

mercredi 8 janvier 2020

Lumière Bleue : un danger pour la santé ?

Par Sophian D'Orlando, étudiant en LPro QHSSE



La découverte du phénomène physique ne s’est pas faite du jour au lendemain, ce sont plusieurs physiciens et mathématiciens qui ont contribué, au fil du temps et grâce à une démarche scientifique, à la compréhension du phénomène.

Il y a eu par exemple Francesco Grimaldi auquel on attribue la découverte de la diffraction de la lumière ou encore Isaac Newton avec sa théorie corpusculaire de la lumière.

Mais c’est en 1873 que James-Clerk Maxwell, physicien écossais, parvînt à éclaircir le phénomène physique de la lumière en déduisant que la lumière serait une onde électromagnétique. Ensuite, Albert Einstein réintroduira le modèle corpusculaire en introduisant la dualité onde-corpuscule qui permet d’expliquer que des objets peuvent présenter à la fois des propriétés d’ondes et de corpuscules.

Mais qu’est-ce que la lumière ?



La lumière :

La lumière est un phénomène physique qui peut-être soit décrit de manière particulaire, c’est-à-dire par la propagation de photons ou soit de la manière ondulatoire par la propagation d’une onde électromagnétique.

De la manière ondulatoire, la lumière visible est un rayonnement (ou onde électromagnétique) qui se propage à travers l’air ou le vide, dont la longueur d’onde, grandeur physique caractérisant la distance parcourue par l’onde pendant une période d’oscillation, se situe entre environ 400 nanomètres (nm) et 800 nm de longueur d’onde. Cette onde se déplace à une vitesse équivalente à 300 000 km/seconde.

La lumière bleue fait partie du spectre visible de la lumière, elle se situe entre 400 et 500 nanomètres de longueur d’onde environ.



Provenance de la lumière bleue :

Les sources d’émissions de ces radiations sont nombreuses dans notre environnement quotidien. Elles sont émises par les rayonnements du soleil, mais aussi par des sources de lumière artificielle, par exemple les écrans de télévision, les téléphones portables, les écrans d’ordinateur, les luminaires, etc.
Et il y a les LED (diodes électroluminescentes ou « light emitting diodes » en anglais).

Pour ces sources lumineuses artificielles, en particulier les lampes LED, on va parler de lumière enrichie en bleu, c’est-à-dire que la proportion en lumière bleue est plus importante que les autres couleurs du spectre visible.

Sachant que ces lumières se rapprochent du spectre des rayonnements ultraviolets qui sont dangereux pour notre organisme, nous pouvons nous poser la question par rapport à la dangerosité de la lumière bleue sur l’homme ?



Quels sont les Risques ?

Selon l’INRS ou l’ANSES, des organismes qui participent à la prévention des risques liés à la santé, ces lumières représentent un danger. Ces lumières affecteraient la vue et entraîneraient des effets néfastes ou des pathologies oculaires.

On parle ici de phototoxicité. En effet, ce mécanisme d’altération cellulaire peut causer la mort de la cellule et serait causé par la lumière bleue.
Cela provoquerait une baisse de l’acuité visuelle à différents niveaux, soit partiellement ou soit totalement (cécité). Une exposition chronique à ces rayonnements affecterait les tissus rétiniens.

La rétine, qui est le siège de la transformation des rayons lumineux en informations nerveuses, serait impactée par ces lumières bleues, surtout lors de l’exposition à une forte concentration en rayonnements lumineux, ce qui provoquerait un stress oxydatif des cellules visuelles.
Ce stress accélérait le vieillissement de nos cellules, ici les cellules visuelles, et entrainerait des fatigues oculaires, la baisse de notre vue ou encore certaines maladies comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Ensuite, il y a aussi un risque par rapport à l’horloge biologique.
En effet, toujours selon l’INRS, la lumière bleue perturberait l’horloge biologique de notre corps qui régule plusieurs fonctions de l’organisme comme l’appétit, la température corporelle ou encore le sommeil. La lumière bleue peut dérégler la sécrétion de l’hormone du sommeil, la mélatonine, qui permet de contribuer à l’endormissement.

Les autres effets notoires que l’on peut avoir après avoir été exposé à ces rayonnements sont de légers maux de tête.



Les moyens de Prévention ?

Il existe plusieurs types de protection liés à ces lumières bleues, l’INRS conseille certains moyens de protection, il nous conseille par exemple de porter des lunettes de protection avec des verres traités anti-lumière bleue pour réduire l’exposition ou encore d’appliquer des filtres anti-lumière bleue directement sur nos écrans et nos luminaires.

Il y a également des méthodes de prévention liées à nos habitudes qui peuvent réduire les conséquences occasionnées par ces rayonnements, comme par exemple, diminuer la luminosité sur nos écrans, adapter nos éclairages dans notre environnement de travail et dans nos habitations ou encore de limiter le temps d’exposition, le soir plus particulièrement.

Il existe notamment une norme liée à la sécurité, la norme NF 62471, concernant les lampes LED, proposant un système de classement des lampes LED en fonction de leur dangerosité.
Cela permet de définir le temps d’exposition à ne pas dépasser en fonction du groupe dans lequel se trouve la lampe LED.

Il est composé de quatre groupes allant du premier groupe de risque 0 qui est sans risque et ne présentant aucun risque photobiologique, ce qui correspond à l’étude de l’influence que peut avoir la lumière sur les êtres vivants, où le temps d’exposition peut aller jusqu’à 2 à 3 heures environ, jusqu’au 3ème groupe qui équivaut aux rayonnements à risque élevé où l’exposition comporterait un risque si elles étaient supérieures à 0,25 seconde.

Avec cette norme, nous pouvons identifier les ampoules LED qui sont dangereuses et les remplacer si cela est possible.


Bibliographie :

samedi 30 décembre 2017

Flash info : Risques chimiques. Asphyxie de quatre égoutiers de la société EAV!

Dans le cadre de notre formation en Lpro QHSSE à l'UPEM, nous avons visité les égouts de Paris et eu envie d'en savoir plus sur les risques professionnels des égouptiers, Nous avons écrit un article copié sur le format des articles de presse pour vous sensibiliser sur ce sujet.

Asphyxie de quatre égoutiers de la société EAV lors d’une intervention dans une bouche d’égout en juin 2006 à Poissy dans les Yvelines.

CIRCONSTANCES


Au cours d’une opération plutôt ordinaire réalisé deux fois par ans dans une bouche d’égout dans la ville de Poissy, quatre salariés de la société EAV ont perdu conscience alors qu’ils travaillaient dans cette bouche. Ils ont probablement inhalé de l’hydrogène sulfuré, un gaz très dangereux qui provient de matières en décomposition. Lorsqu’ils pénètrent dans ce cloaque, les ouvriers doivent porter un masque et un détecteur de gaz. Ce matin-là, ils devaient désensabler cette cuve pour faciliter le passage des eaux usées.
Les secours ont été alertés et sont arrivés sur place.  Les plongeurs des pompiers pénètrent dans la bouche d’égout. Ils dégagent les quatre hommes qui sont inconscients. Malgré, les efforts des médecins, ils constatent que trois des ouvriers sont morts. Le quatrième gravement intoxiqué est conduit à l’hôpital de Poissy.


EPI

Contre les risques chimiques :
  • Détecteur multi-gaz individuel pour l’hydrogène sulfuré, le monoxyde de carbone, le dioxygène (car inflammable)
  • Masque auto-sauveur avec de l’oxygène ou masque de fuite







 

CAUSES
Suite à cet accident, deux enquêtes ont été ouvertes, l’une judiciaire et l’autre par l’inspection du travail qui avait pour rôle de vérifier si tous les protocoles qui doivent être mis en œuvre pour ce type d’intervention ont été respectés.Ces enquêtes ont montré que l’intoxication était due à une poche l’hydrogène sulfuré qui a été percée pendant l’opération de nettoyage.
Ce genre de risque chimique est commun dans le métier d’égoutier. La question a donc été : est-ce-que toutes les mesures de sécurité ont été prises ?
Malgré les plans de prévention mis en place par la société, les ouvriers avaient laissé leur masque de fuite dans le camion, la corde pour les remonter dans le local et n’avait pas installé le trépied de levage avec palan qui leur aurait permis de remonter rapidement à la surface. 

RISQUES POUR LA SANTE
La présence de gaz comme l’hydrogène sulfuré (H2S) ou du méthane (CH4) peut entraîner un risque d’explosion.
De plus, l’inhalation d’hydrogène sulfuré peut provoquer des malaises, céphalées, et irritation oculaire ; voire une intoxication aiguë qui cause quant à elle des évanouissements et éventuellement la mort si l’intervention des secours n’est pas assez rapide
Il y a également un risque d’hypoxie provoquée par le dioxyde de carbone qui est un gaz inodore, et qui contribue à l’appauvrissement en oxygène.
Les rejets illégaux de gaz ou vapeur inflammables et/ou toxiques dans les eaux usées comme les hydrocarbures ou le cyanure d’hydrogène peuvent aussi présenter un risque.
La présence ou l’utilisation de raticide peuvent causer un risque d’intoxication par voie digestive.

ACTIONS PRÉVENTIVES
Analyse préalable de l’air avant intervention
Collective : Utilisation d’un détecteur de gaz, ventilation mécanique
Individuel : Masque à cartouche en cas d’émanation de gaz toxiques
Formation PRAP, SST, EPI

COMPÉTENCES PARTICULIÈRES
Avoir la résistance physique nécessaire pour exercer le métier.
Supporter de travailler en milieu confiné
Connaître les risques et respecter les consignes de sécurité
Savoir nager 

Ecrit par : Mélody Poulain, Caroline Barbier et Stéphanie de Dreuille

BIBLIOGRAPHIE
« Quatre égoutiers trouvent la mort lors d’une opération de nettoyage » par Etienne Feller, 12/06/ 06
« Quatre morts, mais la justice épargne l’entreprise » l’humanité – Social-éco – inspection du travail, 21/11/11

Description des métiers Egoutiers – Santé au travail – Ministère du travail

vendredi 22 décembre 2017

Egouts de Paris : les EPI utilisés par les égoutiers sont-ils suffisants ?

Mots clés: Égouts de Paris / EPI / pollution de l’air / égoutiers / maladie et risque professionnels / produits chimiques.

Les égouts de Paris parcourent 2 380 km et permettent le transport des eaux usées à travers la ville de Paris. Un grand réseau comme celui-ci nécessite des entretiens réguliers, notamment par le biais de professionnels qui sont en charge de nettoyer ces réseaux de transport des eaux usées. Cependant il n’est pas toujours facile de travailler dans ces conditions, c’est pourquoi ces professionnels sont dotés d’EPI (équipement de protection individuel) pour assurer leur sécurité. Une question se pose alors, les EPI utilisés par les égoutiers sont-ils suffisants pour assurer leur protection ?

Egoutier équipé de ses EPI avec cuissardes courtes et bavette anti-blattes à l’arrière du casque

Les EPI utilisés par les égoutiers sont – ils suffisants pour assurer leur protection ?

Pour les égoutiers de Paris, les EPI ne font pas tout. En effet, malgré un nombre d’EPI important, des protections sophistiquées et portées en permanence lors des interventions, l'ANSES (agence nationale de sécurité, sanitaire, alimentation, environnement, travail) publie un rapport, le 22 juin 2016, qui préconise diverses mesures complémentaires pour assurer la sécurité à long terme de ces travailleurs.
Effectivement, lors de notre visite guidée au musée des égouts de Paris les premiers éléments dont nous a parlé le guide, sont les conditions de sécurité. 

Il faut savoir que pour 4 intervenants travaillant dans les égouts, 3 personnes restent en surface, dont une qui est placée devant la bouche d’égout pour informer les personnes en-dessous des risques d’inondation ou autres risques extérieurs. Lors de cette descente l’égoutier est équipé d’un harnais et d’un "stop-chute" qui lui permettent de descendre en toute sécurité. Bien qu’il y ait des barrières et une signalisation importante, le guetteur surveille que les passants ne tombent pas à l’intérieur. Notre guide nous a parlé des maladies que les égoutiers pouvaient attraper comme la leptostérose (maladie liée aux déjections des rats). 

Les rats sont des indicateurs importants pour les égoutiers car s’ils voient des cadavres de rats cela signifie qu’il peut y avoir un gaz toxique. Si les rats fuient, cela peut signifier qu’il y a une crue importante ou un danger. Les autres maladies graves sont les différentes hépatites. Les égouts sont infestés d’insectes qui évoluent dans un endroit insalubre et sont vecteurs de maladies ou d’infections. C’est pour cette raison que les égoutiers portent une combinaison blanche par-dessus leur bleu de travail, elle leur évite les piqures de moustiques qui transmettent ces maladies. Ils disposent également d’une bavette qui se situe à l’arrière du casque pour éviter les blattes, qui transmettent aussi des affections et des allergies.

Les EPI supplémentaires des égoutiers sont les gants, des cuissardes cloutées pour ne pas glisser, celles-ci arrivent au-dessus des genoux ou jusqu’en haut de l’abdomen suivant la tache à exécuter, un stop chute (harnais), un talkie walkie, un explosimètre, un détecteur de gaz ou d’absence d’O² (oxygène), un masque de fuite qui permet d’évacuer la zone toxique durant dix minutes et d’un appareil d’aide respiratoire qui filtre (masque à gaz) et enfin d’une lampe frontale.

Guetteur en surface pour alerter des dangers


Nous avons également pu constater lors de notre visite guidée que les égouts ne sentaient pas « la rose », qu’une odeur forte s’en dégageait, peu agréable. Le guide nous a fait remarquer à certains endroits où nous étions, que l’air ambiant nous brulait légèrement le nez, et à d’autres endroits l’odeur sentait la lessive. Tout cela pour nous expliquer que le liquide qui coulait sous nos pieds était un mélange de produits chimiques, d’excréments, de pluies acides, d’hydrocarbures, de rebuts mélangés dans un peu d’eau, bref un jus peu ragoûtant et de nature variable.
«L’égout, c’est la conscience de la ville. Tout y converge et s’y confronte. Dans ce lieu livide, il y a les ténèbres, mais plus de secret », écrivait Victor Hugo.

Une étude ANSES édifiante

L'ANSES[1] a mené une campagne de mesures chez les égoutiers parisiens entre octobre 2014 et mars 2015. Cette campagne a montré que les égoutiers souffrent fréquemment de symptômes digestifs, respiratoires, d'irritation du nez, de la gorge et de la peau. On observe aussi chez eux une augmentation de la fréquence de certaines pathologies infectieuses. Quant aux études de mortalité, une surmortalité significative a été observée principalement pour des cancers du foie et du poumon, sans qu'il soit possible d'identifier précisément un ou plusieurs facteur(s) de risque responsable(s). Pour conforter les « trop rares données de la littérature scientifique », l'ANSES s’est appuyée sur la campagne de mesures menée chez les égoutiers parisiens. Cette campagne a montré qu'ils étaient exposés à un «cocktail d'agents chimiques et biologiques», et notamment des composés «cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques» les CMR. Comme nous l’avons vu précédemment les égouts drainent dans des lieux confinés, sans ouverture, une mixtion chimique et toxique. Dans ces canalisations de grande taille il y a un bouillonnement constant qui favorise le contact et l’échange avec l’air ambiant, dans certain endroit l’atmosphère est brumeuse.

Des pistes de solutions?

Pourquoi les EPI sont-ils, aujourd’hui, insuffisants à la protection des égoutiers de Paris ? Quelle solution peut-être envisagée ? L’ère industrielle a développé d’énormes quantités de produits chimiques pour différentes taches sous différentes formes qui n’existaient pas à la création des égouts. Les égoutiers ont adapté au fils du temps leurs EPI aux risques visibles et détectables. Aujourd’hui la toxicité n’est plus visible car il s’agit de quantités faibles mais qui s’accumulent et interagissent entre elles. De plus l’alchimie de ces faibles accumulations toxiques change constamment de composition, ce qui les rend indétectable. Lors de la visite nous nous sommes aperçus que les égoutiers portaient une aide respiratoire seulement quand ils détectaient, à l’aide d’un détecteur de gaz (EPI), un risque .Il n y a pas eu de prise de conscience que l’air respiré est constamment vicié et que la composition de l’air inspiré s’échange directement avec le sang dans nos poumons.
Pour s’adapter à ce nouveau problème, la réflexion suivante vient à se poser : quelles sont les mesures que nous devons mettre en place pour assurer à long terme la santé et la sécurité de ces travailleurs. Il faut privilégier les protections collectives, de ce fait, il est envisagé de créer des aérations vers l’extérieur dont certaines sont déjà en test. Ses aérations sont composées de filtre à base d’algues. D’autres préconisations sont, d’aérer les zones de travail 20 minutes avant toute descente dans les égouts, de créer une formation professionnelle obligatoire, de mettre en œuvre des consignes d’hygiène et de sécurité, un suivi médical renforcé avec la mise en place d’études épidémiologiques. Avec la réforme Fillon, les égoutiers ont le droit à la retraite à 52 ans avec une durée de travail sous terre de 12 ans maximum, mais il reste la question, en cas de changement de métier, auront-ils toujours le droit à la retraite à 52 ans ? « Pendant que l’administration fait des rapports des gens meurent ! » pour le Docteur Claude Danglot, la dangerosité du métier n’est plus à démontrer.
Concernant les protections collectives, en mettant en place des canaux d’aération spécifiques, même filtrés par les algues au niveau des égouts, les résultats devraient être certes significatifs pour les égoutiers, mais à terme, l’air vicié qui est cantonné, aujourd’hui par manque d’aération et d’ouverture dans les égouts parisiens, qui pour mémoire parcourent 2 380 kms, risque, en cas de mise en place d’extraction d’air, d’augmenter la pollution extérieure de Paris qui sera alors sujette à une exposition de nouvelles pollutions (mixtion chimique et toxique) et dont il faut d’ores et déjà calculer l’envergure.

Quelque soit les mesures mises en place, il apparait évident que les égoutiers devraient porter des masques à aide respiratoire de façon continue car la principale source et cause de leur surmortalité significative est de travailler dans un environnement ou s’effectue à hauteur d’homme un échange entre une mixtion liquide, toxique et l’air respiré et ce avant que cet air vicié soit évacué.

jeudi 21 décembre 2017

L’égoutier : un métier peu connu avec de forts risques professionnels !

Nous nous sommes intéressés aux risques professionnels liés au travail des égoutiers dans les égouts de Paris

Dès le recrutement, la prévention des risques est effectuée par l’obligation de posséder pour les agents recrutés, une HABILITATION CACTEC (Certificat d’Aptitude à Travailler en Espaces Confinés dans le domaine de l’eau et l’assainissement).

La gestion principale des risques est établie sur un document Unique. Un plan d’action mis à jour annuellement par un conseiller de prévention.

Chaque chef d’unité d’égoutier est aussi un assistant de prévention et un relais du conseiller de prévention sur le terrain. Pour chaque intervention (entretien, réparation, récupération d’objets tombés des avaloirs, urgence) une procédure d’intervention est mise en place.

Les interventions ne sont font jamais en travailleur isolé, la procédure d’intervention prévoit un minimum de trois personnes, deux intervenants en sous-sol et un surface.

La prévention des risques est mise en place avant l’intervention par ;
  • Préparation en amont par le centre de gestion informatisé.
  • Préparation des EPC.
  • Préparation des EPI.
  • A  l’arrivée  sur  le  chantier,  l’ouverture  des  plaques se fait avec des lève-plaques spécifiques pour éviter les TMS.
  • Avant chaque descente, un minimum de 3 plaques sont ouvertes, en amont et en aval, pour faire une aération naturelle, si l’intervention en sous-sol est sur une distance de 100m, des aérateurs manuels seront mis en place.
  • Installation des EPC (barrières de protections).
  • Prise de mesures en 3 points du détecteur d’atmosphère avant descente.
  • La descente s’effectue à l’aide d’une chèvre (palan descendant) et de harnais stop-chute et d’une longe.
  • Le surveillant extérieur est le responsable du chantier, si plus de 3 plaques sont ouvertes, un surveillant supplémentaire s’occupera de 3 autres plaques.
  • Les égoutiers en sous-sol doivent être visibles entre eux lors de leurs interventions. 


Annuellement les égoutiers sont soumis à une visite médicale avec les vérifications des vaccins (leptospirose, hépatite A,B,C et Tétanos). De plus, tous les mois ils sont soumis à des sensibilisations PRAP, utilisations des EPI et du gestion du stress en situation de travail.
La prévention prend en compte les accidents de travail annuel, surtout sur les risques de chutes (80% des accidents de travail), mais aussi les conditions de travail des égoutiers et les maladies professionnelles. L’ensemble du personnel est impactés par les risques encourus tel que :
  • Les risques liés aux chutes de plein pied
  • Les risques liés aux chutes d’objets
  • Les risques de noyades
  • Les risques chimiques et biologiques
La visite des égouts de Paris est passionnante pour des étudiants de Lpro en QHSE / SST, mais elle saura aussi intéresser tous les publics ! Courez-y si vous êtes à la recherche d'une visite riche, bien conçue et atypique. S'il faut faire la queue pour visiter les catacombes de Paris, ce n'est pas le cas pour la visite des égouts  : https://www.paris.fr/services-et-infos-pratiques/environnement-et-espaces-verts/eau-et-assainissement/les-egouts-a-paris-2367

Ecrit par : Didier LE COMPTE ; Alexandre JOSSE ; Anaïs LAGNEAUX ; Jeanne DELRIEU ; Kévin MELIN

mercredi 20 décembre 2017

Risques sanitaires : des égouts pas aussi d-égoût-ants

Le 15 Décembre 2017, les étudiants de l’Université de Marne La Vallée (UPEM) en Licence professionnel Qualité, Hygiène, Sécurité, Santé, Environnement(Q.H.S.S.E.)  ont visité le musée des égouts de Paris, situé près du pont de l’Alma. Le groupe d’étudiant : Emrah BAYRAM, Jenna LOUISSAINT, Florine NOLIN, Laurence ORER et Mathilde SYLVA, vous présentent les risques sanitaires.

Présentation des égouts de Paris

Nous devons la création des égouts à trois ingénieurs français : Eugène Belgrand, Eugène Haussmann et Eugène Poubelle. Les égouts furent créés à la demande de Napoléon III au pouvoir, à l’époque, suite à une épidémie de choléra qui a décimé une grande partie de la population. Depuis 1894, le tout-à-l’égout est obligatoire.

On compte 2500 km d’égout, situé à 6 mètres en dessous de la surface de l’asphalte. 30 000 bouches de regard qui pèsent entre 80 et 120 kg permettent l’accès aux égouts depuis la chaussée. La température y varie entre 13 et 20 degrés. Chaque année, ce sont 1 500 000 m3 d’eau qui y sont traités.
Cartographie du réseau souterrain de Paris

A Paris, 270 égoutiers constituent la brigade de maintenance dont 8 femmes qui travaillent majoritairement à la brigade des gaz.

On trouve dans les égouts des : canalisations d’eaux usées, d’eaux potables, système de chauffage : c’est un réseau de transport à part entière, unique dans le monde, qui d’ailleurs est utilisé aussi pour le transport de la fibre. A l’époque, le réseau pneumatique servait déjà au transport des textes de loi entre les différents édifices aux alentours.

Les égouts ont été conçus en système gravitaire, en forme ovoïde, pour faciliter le travail de curage. Le curage consiste au nettoyage des canalisations, en raclant le fond. Il s’effectue avec des matériaux qui n’ont pas beaucoup évolués depuis leur création. Il y a une impossibilité d’automatisation de ces tâches.

Le système est également unitaire, car il recueille les eaux de pluie et les eaux usées. Il existe 4 types d’égouts : l’égout élémentaire, le collecteur primaire, le collecteur secondaire, l’émissaire qui amène les eaux à la station d’épuration.

Les interventions

Lors d’intervention dans les égouts, un périmètre de sécurité est mis en place autour de la bouche de regard avant son ouverture. Un garde orifice protège ses collègues dans les égouts, ainsi que les usagers de la route et les piétons.

Avant de descendre dans les canalisations, il faut tout d’abord, s’assurer qu’il n’y a pas de gaz sulfure d’hydrogène reconnaissable à son odeur “d’oeufs pourris” qui est extrêmement inflammable et mortel par inhalation. La progression dans les canalisations est difficile, car elle se fait à la lampe torche (il n’y a pas d’électricité) et la circulation de l’eau créé un environnement très bruyant.

vendredi 21 avril 2017

L'alcool au volant !

Dans le cadre de nos projets tutorés, nous avons réalisé le mardi 18 avril une journée de prévention dans l’entreprise Natixis situé à Charenton le pont (94). Pendant cette journée, l’ensemble des étudiants de la Licence Pro QHSSE ont proposé et animé des activités auprès des salariés de Natixis sur différents thèmes (Alcoolémie, Bien-être au travail, Risques psychosociaux, Gestes qui sauvent).

Pour notre activité sur l’alcoolémie, nous avons été épaulés par une intervenante de la DRIEA : Chargée d’étude en sécurité routière. Ainsi, une partie de notre activité était centré sur la prévention routière car l’alcool est un facteur important dans les accidents mortels de la route.

L’alcool et la conduite sont incompatibles. En effet, l’alcool a un effet désinhibiteur et euphorisant qui modifie la perception des risques. Un automobiliste normalement prudent a tendance à sous-évaluer les risques et à transgresser les interdits ; parce que l'alcool le désinhibe, il roulera encore plus vite, dépassera sans visibilité, etc…
De plus, on retrouve d’autres effets sur le conducteur :
  • Il est moins concentré et de plus en plus fatigué. Ses mouvements sont moins coordonnés.
  • Son champ visuel est diminué ; il voit moins bien sur les côtés (danger aux intersections) ; le relief et la profondeur sont modifiés,
  • Le temps de réaction augmente ; la durée de réaction augmente de 50 % d'où le danger en cas de freinage d'urgence !
  • L'automobiliste devient plus sensible à l'éblouissement.

On constate que les effets ne sont pas les mêmes selon le taux d’alcool dans le sang. Ainsi, à 0,1g/l dans le sang on peut constater de légères perturbations de la vision tandis qu’à 0,7g/l, les effets sont plus conséquents avec par exemple des troubles de la concentration.




Quelques chiffres

L’alcool est la première cause d’accident mortel sur la route. 
En 2015, 1 056 personnes ont été tuées dans un accident impliquant un conducteur alcoolisé contre 958 en 2014.
  • 4 594 accidents corporels (accident impliquant au moins un véhicule routier en mouvement, survenant sur une voie ouverte à la circulation publique, et dans lequel au moins une personne est blessée ou tuée), soit 8% de l'ensemble des accidents, impliquaient un conducteur alcoolisé
  • 18% des conducteurs impliqués dans les accidents mortels avaient une alcoolémie illégale
  • 62% des conducteurs alcoolisés impliqués dans un accident mortel avaient un
  • taux d’alcool égal ou supérieur à 1,5 g/l de sang
  • Le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 8,5 en moyenne chez les conducteurs alcoolisés
  • Le risque d’être impliqué dans un accident corporel grave est multiplié : par 3
  • pour un taux de 0,5 g/l de sang, par 8 pour 1 g/l et par 32 pour 1,6 g/l

Limites réglementaires

D’après le code de la route ;
  • À partir de 0,2 g/l dans le sang (ou 0,1 mg/l air expiré) : la conduite est interdite pour deux catégories d’usagers : les conducteurs novices et les conducteurs de véhicules de transport en commun
  • À partir de  0,5 g/l dans le sang (ou 0,25 mg/l air expiré) : la conduite est interdite pour tous les autres conducteurs.
  • En principe, chaque "verre" représentés ci-dessus contient en moyenne 10 g d’alcool pur et fait monter le taux d'alcoolémie de 0,15 à 0,20 g en moyenne. Mais attention, chez certaines personnes, ce taux peut augmenter de manière plus conséquente pour chaque verre.
  • Ainsi, lorsqu’on est jeune conducteur, on parle de tolérance 0 dans le sens où dès le premier verre, le taux règlementaire de 0,2 g/l peut être dépassé.

Quelques mesures

Effectuer des simples actions peut sauver des vies ! Notamment ; 
  • Utilisez un éthylotest avant de prendre le volant
  • Retenir un ami qui a trop bu et qui va prendre la route
  • Pendant les soirées alcoolisées, désigner un capitaine de soirée « sam », qui reste sobre pour pouvoir conduire en toute sécurité
Ecrit par :  Mounia SADNIA, Ludovic SEJOR, Romain THENAULT, Michel DUMAS, Nathalie DINGE et Victor CARVALHO.

Bibliographie