Roucard Audrey
jeudi 17 juin 2021
Le Comité Social et Économique
dimanche 1 novembre 2020
L’hyperconnexion : un nouveau risque ?
Le
droit à la déconnexion a été, plus que jamais, mis à mal pendant les
confinements successifs.
Une
étude menée par l'association AXA Prévention souligne que les Français sont
devenus accros aux écrans avec 4h22 en moyenne par jour. Il est donc nécessaire
de pouvoir se déconnecter en dehors de ses horaires de travail pour éviter
l’hyperconnexion dont nous sommes déjà victimes dans notre vie privée.
Mardi 17 mars 2020. Date du 1er confinement en France. Des millions de Français passent au télétravail et j’en fait partie. Après avoir été chercher mon matériel informatique au bureau, je m’installe confortablement dans mon canapé pour mon premier jour de télétravail.
Je
rattrape beaucoup de retard que j’avais accumulé et décide même de m’avancer
pour les jours à venir : pas de collègues = pas de discussions informelles
= je suis plus productive.
J’allume
la lumière, dis donc, la nuit tombe vite !
L’horloge affiche 23h30 et je me rends compte que j’ai travaillé beaucoup plus de temps que prévu, sans même m’en rendre compte…
En quoi le fait de ne pas se déconnecter de son travail est-il un risque pour la santé mentale ?
Qu’est-ce
que le droit à la déconnexion ?
Déconnecter
signifie « se séparer, se détacher d’un tout, supprimer les
connexions » (Larousse).
Le droit à la déconnexion c’est « autoriser au salarié de ne plus être disponible pour son employeur en dehors de ses horaires de travail, et protéger son temps de repos » (Challenges).
Une
déviance peut même découler du droit à la déconnexion : Le cyberharcèlement. Il y a des pratiques dans
les sociétés qui peuvent nous « forcer » à rester connecté à toute
heure. « L’harceleur utilise les moyens de communication digitaux ou des
réseaux sociaux pour perpétrer une série d'offensives personnelles » (Crise-Up). Il faut donc se
méfier des excès de contrôles de connexion à un réseau professionnel (tchat par
exemple), de l’isolement (ne pas être dans la boucle d’un mail fait à toute une
équipe), des sollicitations déplacées ou à heure excessive, etc.
La loi Travail (El Khomri) de 2016 a entre autres comme objectif d'adapter le droit du travail à l'ère du digital. Le principe de droit à la déconnexion a été repris dans l'article 55 de la loi, qui se trouve dans le chapitre II intitulé "Adaptation du droit du travail à l'ère du numérique".
L
2242-8, 7° du code du travail :
« Les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale. A défaut d’accord, l’employeur élabore une charte, après avis du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel. Cette charte définit ces modalités de l’exercice du droit à la déconnexion et prévoit en outre la mise en œuvre, à destination des salariés et du personnel d’encadrement et de direction, d’actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques ». (Legifrance)
La
loi El Khomri ne prévoit pas de définition claire et précise du droit à la
déconnexion, tout comme le Code du travail. C’est donc aux entreprises
elles-mêmes d’en définir les modalités à travers une charte. Ceci explique les
nombreuses dérives, les définitions de ce droit étant propres à chaque
entreprise.
A l’aire
du numérique, du digital et de l’hyperconnexion, il est très difficile de
rester déconnecté. Avec les applications mobiles, même si l’ordinateur est
éteint, les mails et les tchats peuvent être affichés en plein milieu d’une
conversation privée.
De
plus, se fixer un horaire raisonnable, surtout en télétravail, est une
obligation que peu de travailleurs respectent. En effet, de nombreux
télétravailleurs déclarent travailler plus longtemps. L'une des raisons à cela
est que la frontière entre vie professionnelle et vie familiale est mince dans
ce type de travail. Il est également tentant de travailler à des heures
irrégulières ou de rester éveillé tard pour terminer un projet et avoir le
sentiment de prendre de l’avance.
L’hyperconnexion est un risque pouvant
être classé dans les risques psychosociaux (RPS) à travers le document unique
(DUERP). En effet, le fait d'être sans arrêt sollicité par son travail lors de
ses heures de pause (après le travail, pendant le week-end ou les vacances) est
une source de stress parfois négligée.
La réception constante de notifications
provenant d’e-mails, messagerie instantanée et autres réseaux sociaux génèrent
du stress car nous voulons y répondre rapidement.
L’e-mail facilite le burn-out car le
sentiment de perdre pied peut très vite arriver, avec une boîte e-mail saturée.
Le temps qui passe culpabilise, avec un sentiment d’urgence et de surcharge
d’informations. Selon une étude effectuée par la société californienne Roambi en
2013 (créatrice d’une application qui transforme les données d'entreprise
brutes en graphiques conçus pour les appareils mobiles), 89 % des cadres
consultent leurs e-mails professionnels en dehors de leurs heures de travail.
« Le droit à la déconnexion doit
permettre d'éviter l’épuisement professionnel » expose Sonia Moreau, avocate spécialiste du droit social. « La porosité entre vie
professionnelle et vie personnelle est un terreau favorable au burn-out mais le
salarié à un rôle à jouer. Il est même l’acteur principal : dans de nombreux
dossiers, on s’aperçoit que quand bien même l’employeur a instauré un guide de
bonne pratique sur la déconnexion, les salariés (cadres dans la grande
majorité) n’arrivent pas à se déconnecter totalement ».
![]() |
| Il est parfois difficile de se déconnecter... |
Des personnes dans mon entourage m’ont
confié qu’elles ne pouvaient pas laisser une notification en attente sur leur
téléphone. Certaines me font même la remarque lorsque, en pleine conversation, je
reçois une notification : « Hey, tu as reçu un message ! » « Oui,
je sais, mais je suis en train de discuter avec toi, là... ». Il est donc
primordial, dans la vie professionnelle comme dans la vie privée, de respecter
ce droit.
1.
Il est important
de définir un horaire de travail et de s'y tenir. Trouvez un horaire quotidien
qui correspond à votre vie personnelle et vous donne suffisamment de temps pour
passer une bonne nuit de sommeil.
2.
Aménagez un
lieu dédié au travail (bureau, chambre d’amis) qui n’empiète pas sur votre lieu
de vie quotidienne. Se détacher du travail passe aussi par le cadre de vie.
3.
4.
Ne cédez pas
à l’instantanéité de la messagerie : désactivez les notifications à partir
d’une certaine heure est possible avec la fonction « ne pas déranger
5.
Appelez vos
collègues au lieu d’envoyer des e-mails ou des messages sur le tchat : en
plus de vous sentir moins seul, vous pourrez renouer avec ces discussions
informelles qui manquent tant en télétravail.
6.
Pensez à vous
déconnecter des applications professionnelles en dehors des horaires ou des
jours de travail pour ne pas être tenté de replonger dans le travail.
7.
Évitez
d’envoyer des mails en dehors des horaires de travail : utilisez plutôt la
fonction « envoi différé ».
8.
Paramétrez un
message automatique quand vous êtes absent au travail avec le numéro des
collègues à contacter en cas de besoin.
9.
Faites des
pauses !
Carole Blancot, Guide du bon usage professionnel des outils numériques et de l’exercice du droit à la déconnexion (2018), Independently published
Cet
outil précieux pour les ressources humaines comme pour les salariés vise à
donner à chacun les règles du « savoir travailler ensemble en étant
connectés ». Il combine des conseils de bonnes pratiques et des techniques
pour réussir à se déconnecter.
Sources :
·
Total
welllness ; Forum
Doctissimo ; Caceis ; Journal
du Net ; Challenges
·
Michaël Stora, Anne Ulpat, Hyperconnexion (2017),
Larousse
mardi 1 septembre 2020
Les maladies professionnelles
Par Maude Modestin
De nos jours, les maladies professionnelles sont de plus en plus présentes. Quel que soit
l’activité professionnelle les risques et les dangers sont présents à différents degrés.
L’hygiène, la sécurité et la santé sont indispensable au sein du bien-être des salariés. Si un
salarié effectue un travail qui lui fait courir un risque pour sa santé, on parle de « maladies
professionnelles ». Elles sont définies par la simple exposition longue ou courte face au
danger et au risque. Les salariés sont y exposés principalement pendant leur temps de
travail.
I. Définition et généralité des maladies professionnelles
a. Définition
Une maladie professionnelle est la conséquence d’une exposition plus ou moins prolongée à
un risque d’une profession. Ce peut être, par exemple, l’inhalation quotidienne de
poussières ou de vapeurs toxiques ou l’exposition répétée à des agents physiques comme le
bruit. Déterminer la cause d’une maladie professionnelle est souvent difficile d’autant plus
que certaines maladies peuvent se manifester des années après le début de l’exposition au
risque.
Selon l'article L.461-1 du code de la Sécurité Sociale, pour être reconnue comme
professionnelle et donner lieu à une réparation, une maladie doit :
Soit figurer dans l’un des tableaux de maladies professionnelles,
Soit être identifiée comme ayant un lien direct avec l’activité professionnelle par le
système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles.
On peut reconnaître une maladie professionnelle grâce :
A des lésions
A des symptômes
Au délais de prise en charge
Parmi les maladies professionnelles les plus courantes, nous retrouvons les troubles
musculosquelettiques et les infections du rachis lombaire qui représentent plus de 80 % des
maladies professionnelles.
b. La déclaration des maladies professionnelles
La déclaration se fait par la victime qui la transmet ensuite à sa caisse primaire d’assurance
maladie sous un délai de 15 jours. Attention, il ne faut pas confondre le délai de déclaration
avec le délai de prise en charge.
Certificat médical initial
La déclaration de maladie professionnelle rédigée par la victime doit être accompagnée d’un
certificat médical. Ce certificat médical descriptif établi par le médecin comporte la nature
de la maladie, les manifestations constatées imputables au risque professionnel et les suites
probables.
Il s’agit d’un certificat en 4 exemplaires dont un doit être remis à l’employeur.
Enquête administrative
La caisse ouvre automatiquement une enquête administrative et médicale dans le cadre
d’une déclaration de maladie professionnelle. L’enquêteur doit recueillir des informations
sur le poste de travail de la victime ainsi que les tâches qu’elle effectue lors d’un entretien
afin de compléter la déclaration. De plus l’enquêteur rencontre l’employeur ainsi que les
salariés afin d’en appendre sur la victimeµ. Dans les cas extrêmes, l’enquêteur peut
s’appuyer sur l’avis du médecin du travail ainsi que celui de la Caisse Régionale d’Assurance
Maladie.
A savoir que L’enquêteur ne prend pas de décision mais transmet toutes les informations
recueillies au cours de l’enquête administrative au gestionnaire de la Caisse de Sécurité
Sociale.
Délai d’instruction
Conformément à l’article R. 441-10 du code de la Sécurité sociale, la caisse possède un délai
de 3 mois à compter de la date à laquelle elle a eu connaissance de la déclaration de maladie
professionnelle pour statuer sur le caractère professionnel de la maladie et rendre sa
décision.
c. La prise en charge
Lorsque la Caisse d’Assurance Maladie reconnait qu’il s’agit d’une maladie professionnelle le
salarié est pris en charge par une branche qui s’appelle l’Assurance maladie dans le secteur
des Accidents de Travail et Maladies professionnelles.
Pour que la maladie soit reconnue, elle doit figurer dans les tableaux de l’INRS. Il y a des
exceptions telles que le salarié considère que sa maladie est une maladie professionnelle
mais qui ne figure pas dans les tableaux. Le salarié est redirigé vers le Comité Régional de
Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) composé d'experts médicaux,
l'avis s'impose à la caisse d'Assurance Maladie.
Le dossier effectué par la CAM doit comprendre un avis du médecin du travail de l’entreprise
du salarié et le rapport permettant d’apprécier les conditions d’exposition au risque
professionnel.
Notons que les maladies peuvent ainsi être reconnues d'origine professionnelle selon
quelques critères comme :
Les maladies désignées dans un tableau de maladies professionnelles mais pour
lesquelles une ou plusieurs conditions comme le délai de prise en charge, ou la durée
d'exposition ne sont pas remplies. Ce tableau est établi afin de démontrer qu'elles sont
directement causées par le travail habituel de la victime.
Les maladies non désignées dans un tableau de maladies professionnelles. Le tableau
stipule qu’elles sont essentiellement et directement causées par le travail habituel de la
victime et qu'elles entraînent une incapacité permanente d'un taux au moins égal à
25 % ou son décès.
II. Les causes des maladies professionnelles
a. De quoi résulte une maladie professionnelle
Comme nous le savons, une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition, plus
ou moins prolongée et répétée, d’un risque existant lors de l’exercice habituel d’une
profession et qu’il difficile d’en fixer le point de départ puisque la cause professionnelle de la
maladie n’est pas toujours évidente.
Bien qu’elle ne soit pas désignée dans les tableaux de maladies professionnelles, celle-ci
peut être reconnue dans le cadre du système complémentaire de reconnaissance des
maladies professionnelles.
b. Dans quelle circonstance est-elle dit grave ?
Établir une relation directe entre la maladie d'un travailleur et son activité professionnelle
peut s'avérer parfois difficile. C'est pourquoi la reconnaissance du caractère professionnel
d'une maladie résulte :
Soit d'une présomption de l'origine professionnelle lorsque le malade remplit toutes
les conditions de prise en charge inscrites à l'un des tableaux annexés au livre IV du
Code de la Sécurité sociale pour les salariés relevant du régime.
Soit de la reconnaissance par la Caisse primaire d’assurance maladie ou la caisse de
Mutualité sociale agricole, après avis d’un comité régional spécialement chargé de
ces questions, d'un lien existant entre l'activité professionnelle du travailleur et sa
maladie.
Une maladie professionnelle est déterminée en fonction de la probabilité que le risque
survienne et de sa gravité. Chaque risque doit être analysé et étudié afin de mettre en place
toutes les mesures nécessaires pour aider la victime.
Si la maladie entraîne une priorité 1 ou 2, elle laissera des conséquences. En effet, la victime
peut se retrouver avec un aléa qui lui empêcherait de se rétablir complètement et qui aurait
des conséquences sur son travail actuel, voire dans le pire des cas entraîner la mort.
Cependant, s’il ne s’agit que d’une priorité 3, la victime aura quelques séquelles qui se
rétabliront avec le temps mais qui resteront toutes fois visibles sur le travail de la victime.
III. Conclusion
L’origine d’une maladie professionnelle n’est pas toujours évidente à déterminer surtout si
elle se déclare des années plus tard, mais nous savons qu’elle résulte d’une exposition
longue et répétée d’une activité physique. Sa prise en charge est indéfinie et
particulièrement si elle n’est pas encore reconnue par l’INRS.
La gravité d’une maladie professionnelle peut avoir des conséquences désastreuses comme
la perte d’un membre, une incapacité temporaire ou permanente et dans certains cas, la
mort. C’est justement pour éviter qu’une maladie se déclare que le document unique a été
mis en place et que des campagnes de sensibilisation sont régulièrement faites pour
prévenir les salariés aux risques auxquels ils sont exposés.
mardi 23 mai 2017
Qualité de vie au travail : la sieste réparatrice !
Saviez-vous que le meilleur moment pour faire la
sieste est après le repas de midi. En effet, l’être humain est génétiquement
programmé pour avoir tendance à s’endormir vers 14-15 heures. A cette heure
clé, l’attention baisse, les paupières sont lourdes et la tête chancelle.
Certains piquent du nez, d’autres ne se souviennent pas de ce qu’ils viennent
de lire, mais cette petite faiblesse, même si on ne la perçoit pas
consciemment, est inévitable.Dans le cadre de notre projet tuteuré en Lpro QHSSE à l'UPEM-IFIS, nous avons aidé Natixis à organiser un espace sieste (cf illustration) et à sensibiliser les salariés au problème de la fatigue au travail.
vendredi 19 mai 2017
L’Equi-coaching, une aide précieuse pour développement personnel et professionnel !
Le 18 Avril 2017, nous avons mené une journée de prévention des risques au sein de l’entreprise
NATIXIS FACTOR à Charenton-le-Pont. Différentes thématiques ont été abordées au
cours de cette journée dont celle des risques psychosociaux. -
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Le 15 Décembre 2017, les étudiants de l’Université de Marne La Vallée (UPEM) en Licence professionnel Qualité, Hygiène, Sécurité, Santé, E...
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